Interview Maud Mathie

Maud a une envie de créer et un projet en tête. En juillet 2013, elle intègre le Hubhouse pour des renseignements sur sa idée. Pendant 6 mois elle perçoit un accompagnement. Aujourd’hui, entrepreneuse, elle remercie le Hubhouse de l’aide apportée.

 

Peux-tu revenir sur ta création d’entreprise ? 

 

J’ai monté une entreprise de conseil et de formation dans le milieu agricole, Technigrain.

Au début je voulais appeler ça « Optigrain », « opti » pour optimisation. J’avais envie de simplicité pour qu’on comprenne directement de quoi il s’agit. J’ai soumis cette idée à mes étudiants quand j’étais formatrice dans une école d’ingénieurs. Je voulais leurs avis et ensemble, nous avons réfléchi et trouvé celui actuel.

 

L’une de mes missions consiste à aller sur des sites de stockage de grain. Je fais des diagnostics sur le matériel et pratiques de mes clients. Je les conseille et j’essaie de faire évoluer les pratiques. Je propose un accompagnement individuel ou collectif. Il y a deux cas de figure, soit c’est moi qui soumets la formation : je me rends sur le terrain et je détecte le besoin. Soit c’est un client qui fédère des personnes de différentes entreprises ou des demandeurs d’emplois : à ce moment, on crée  collectivement un module sur une thématique précise. Dans mon activité, l’échange technique me passionne. 

 

Mon projet a mis deux ans à mûrir. J’ai commencé à y réfléchir en avril 2012. À cette époque, j’étais salariée dans une école d’ingénieurs. Quatre mois après, j’étais demandeuse d’emploi pour me concentrer sur ma création. Mon déclic pour me lancer s’est concrétisé lors du salon « Créer » où j’ai fait la rencontre de l’IAE. J’ai expliqué mon désir d’aide pour monter mon étude de marché, j’ai eu en retour une proposition d’intégrer le M2 EMI, Entrepreneuriat et Management de l’Innovation. Ce que j’ai fais et je ne regrette rien.

 

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

 

À la fin de mon M2, les aides de Pôle Emploi se sont arrêtées brusquement et je n’étais pas préparée. J’ai du m’adapter et m’accrocher. 

Aussi, je suis polyvalente et l’aspect administratif m’occupe beaucoup. C’est du temps que je perds et que je ne consacre pas à l’activité première de mon entreprise. Les journées n’ont que 24 heures; quand on est entrepreneur, c’est court. 

 

Mais il y a peu, mon entreprise a fêté sa première année. Je n'en retire que du bénéfice. J’ai vécu une belle expérience.

Mon activité est mon seul salaire. J’ai toujours rêvé de pouvoir vivre de mon métier, ce voeu s’est exaucé. Je suis très satisfaite et fière de moi. Ce n’était pas évident et pas gagné d’avance mais ma persévérance a permis ma réussite. Évidemment, ma vie est moins tranquille qu’un salarié mais l’autonomie qui s’en dégage m’attire. 

 

Quelle est ta vision du monde de l’entreprise et quels sont tes projets pour la suite ?

 

Très positive. Être entrepreneur, c'est être autonome et gérer son temps à sa manière. Pas d’ordres à recevoir de quiconque, je suis mon propre patron. Je n’ai pas de supérieur, pas de comptes à rendre, je suis en accord avec mes valeurs. C’est une manière de vivre en fait. 

Par contre, c’est un milieu d’hommes, ce n’est pas évident de s’imposer. Dans notre société, les femmes s’occupent des enfants, elles ont moins de temps et ne pensent pas à entreprendre. Peut-être qu’un jour les mentalités changeront… 

Pour la suite de mon aventure, j’aimerai réussir à gérer sereinement mon activité et la pérenniser. Je songe à embaucher une personne une fois mes objectifs atteints et développer Technigrain à l’étranger.